Africa, tu es grande !


La lettre du mois

Mars 2010

Africa, tu es grande !
Je ne pourrai jamais oublier de toute ma vie, ce 2 mars 2010, où pour la première fois je foulais la terre du Bénin.
3 h.30 du matin ! Mais pourquoi ont-ils installé le chauffage à l’extérieur ? Chez nous, le chauffage est dans la maison, et la climatisation dehors ! Là-bas, c’est l’inverse. Amine Laourou, président du Salon International des Poètes Francophones, est là pour m’accueillir, avec Jean-Louis Lokossou, son bras droit dans l’organisation du salon ! Il y a aussi Nabel, le guinéen, qui sera l’oeil du Salon, la caméra sans cesse allumé, à l’affut de tout ! Comme une panthère tapie qui surveille ses petits ! Notre avion a eu deux heures et demie de retard, mais leur sourire est sans ambage :
"Bienvenue au Bénin !"
Un empire, un royaume pour une bière et une cigarette ! 4h du matin, nous voilà installé à la terrasse d’un petit bar à côté de mon hôtel. Le nom de l’hôtel : "Peace and love" ! Et on entame le rap :
"Stéphane Néfiolov,
à l’hôtel Peace and Love,
arrivé sur les genoux
dans la ville de Cotonou !"
Une jolie réceptionniste me tend ma clé. Le nom de ma chambre : "Don de Dieu" ! Je lui souris et lui dis :
"C’est comme cela que m’appelait ma mère !"
Elle rit, et je rajoute :
"Mais dommage que c’était la seule !"
3 heures de sommeil, et tout va s’enchaîner à une vitesse vertigineuse. 9h : conférence de presse. Puis, radios, et connaissance de tous les participants au Salon. Le Québec est représenté en forte délégation, le Luxembourg, le Bénin, le Japon, la France, la Bretagne par votre serviteur, et bien d’autres pays d’Afrique !
L’ouverture est proclamée avec l’exposition de toiles peintes par Chantal Monteil, la toulousaine : ECOUTEVOIR ! Sur les toiles, des poèmes d’Atchi Tin-Rha, poète béninois exilé à Toulouse. Les vers me bouleversent, les toiles sont magnifiques ! Amine Laourou ouvre officiellement le Salon dans un court discours, et ne peut cacher son émotion !
Enfin la scène ! Ian Fournier, auteur-compositeur québécois chante son pays. Ses mélodies du froid dans la chaleur de la soirée à Cotonou, donnent au public un frisson de bonheur. Ian est heureux ! Cela se sent ! Cela se respire dans les si jolis morceaux qu’il nous interprète et que tous les béninois ont déjà adoptés ! Et puis, le prince Jasmin , présentateur de la soirée et également slameur de grand talent, enchaîne les présentations. Des sommités du pays sont là. C’est très solennel. Bouleversé, le poète béninois Barnabé Laye exilé à Paris et qui revient dans son pays, se voit remettre le prix "Emile Nelligan" pour l’ensemble de son oeuvre. Ce grand monsieur maintes fois primé pour ses recueils, laisse son coeur parler, et l’on devine l’intense émotion qui l’étreint d’être ainsi accueilli sur sa terre natale !
C’est déjà la fin de cette première soirée. Tous les artistes montent sur la scène. C’est beau, c’est grand, et je suis ébloui.
Le lendemain, c’est à mon tour d’ouvrir la soirée. J’ai rencontré dans l’après-midi un extraordinaire percussionniste congolais : Tony Kingstone. Je l’invite à partager 3 morceaux avec moi. On se met dans un coin pendant deux heures, et l’on travaille l’affaire.
20h30. J’ai chaud ! Est-ce la chaleur, ou la peur que ma musique ne séduise pas l’Afrique ? Et voilà : la bête est lâchée sur la scène !
40 minutes ! C’est déjà fini ! Ai-je chanté ? Je descends de scène, et je lis dans les yeux du public. Oui, j’ai chanté ! Et le regard de l’Afrique a l’air heureux. La grande chanteuse béninoise Nila vient m’embrasser.
"Tu m’as bouleversée, me glisse-t-elle à l’oreille."
Puis, elle va monter sur la scène, et me bouleverse à son tour de sa voix cristaline, accompagnant les vers magiques de son partenaire qui déclame son poème avec une voix puissante à la Barry White !
Tendo Taijin du Japon, déclame en japonais et provoque une standing-ovation ! Extraordinaire choc des cultures qui fait trembler la terre de Cotonou ! Joel Des Rosiers, l’haitien, porte avec respect la douleur du drame qui vient de toucher son pays, mais ses vers incarnent la résurrection et la reconstruction. L’espoir de tout un peuple !
L’après-midi à l’hotel, mon ami le prince Jasmin et moi-même avons travaillé un slam de sa composition. Je remonte sur le scène et entame le rythme. Les mots de Jasmin viennent prendre la cadence de mon jeu. Et le mariage de ma rythmique et de sa voix a quelque chose de solennel ! Le public ne s’y trompe pas, qui nous accorde une formidable tempête de reconnaissance par ses applaudissements. C’est grandiose dans mon coeur ! Et je sais que ça l’est aussi dans le coeur de Jasmin.
Puis, tous les artistes montent sur la scène, et viennent danser derrière moi sur "Histoire de Reggae" !
"I want jamming, jamming, I want jamming with you !"
Et tout le monde danse sur ma musique ! Inoubliable !!!
Je croise le regard de Judith-Bernice Advignon, poétesse béninoise, et son sourire est comme un cadeau du ciel ! La femme béninoise au sommet de sa beauté et de son talent !
1h30 du matin. Malgré l’intense soirée, je n’ai pas sommeil. Je veux aller jouer dans les bars du Bénin. Mon nouvel ami, Jean-Louis Lokossou est d’accord pour m’accompagner. Les autres me prennent pour un fou. Qu’importe ! Nous partons dans la nuit à la recherche d’un endroit où je pourrai jouer vendredi. Nous entrons dans un club de jazz, je discute avec le patron, et l’affaire est conclue pour ce vendredi. Il ya aura cinq musiciens avec moi ! Yes ! Ca c’est la classe !
Le jeudi soir, place à la poésie. Et mon coeur chavire entre les vers bouleversants de Nora Atalla du Québec, les poèmes de la guerrière Claudine Bertrand, du Québec également, la noirceur des thèmes d’Alexandre Faustino, encore le Québec, la philosophie subtile de Lambert Schlechter du Luxembourg, et de tous ces autres artistes merveilleux d’Afrique. L’intensité de la soirée est immense.
Et voilà ! Déjà vendredi ! Le temps file à la vitesse d’un Airbus. Il survole toutes ces frontières qui n’existent plus. Que tous, nous venons de gommer dans un élan de rencontre inarrêtable. Et cela m’inspire cette phrase :
"Les politiciens construisent les frontières, les artistes les abattent !"
22h ! Je suis au Folley’s Jazz club dans un quartier de Cotonou ! Les musiciens ne sont pas encore là. J’en profite pour faire une balance avec ma guitare. Alex, le boss de l’endroit, fait tout ce qui est en son pouvoir pour me mettre à l’aise et m’aider dans la technique ! Trop top !
Et je me mets à chanter tout seul :
"Roots, rock, reggae, it’s a reggae music !"
Et les musiciens arrivent ! Ils découvrent d’un air halluciné ce petit blanc qui chante Marley ! Ils se branchent vite fait, et viennent finir le morceau avec moi ! Et la magie de la musique s’opère ! Et on enchaîne ! Reggae, salsa, Afrique,;;; Ils jouent sur ma musique, je joue sur la leur ! Jean-Louis Lokossou et Nabel avec sa caméra viennent d’arriver ! Ils n’en croient pas leurs yeux ! Tout groove, danse, respire, comme si cela faisait dix ans que nous jouiions ensemble !
4h du matin ! Cela fait 5h qu’on joue ! Jean-Louis m’attrappe par la chemise et me dit :
"Il faut rentrer maintenant, mon frère ! Demain, tu as une télévision à 9h du matin !"
Je quitte mes nouveaux potes, la mort dans l’âme. Mais c’est écrit : nous rejouerons ensemble.
Samedi, 9h du matin. J’ai à peine dormi 3 heures. Et paf, me voilà sur un plateau de l’ORTB, la chaîne principale du Bénin. Le présentateur est sympa. Nous sommes tous sur le plateau. Ian nous interprète un de ses morceaux. Un air à la Brassens qui nous explique quel est le fruit qui inspire le mieux l’envie de faire l’amour. Et c’est la mangue. Je mettrai un lien sur le site de mon ami Ian, et vous irez écouter. Puis, après quelques interviews, c’est à mon tour. Je fais swinguer "Sage indien du sud". Ma voix est un peu éraillée, mais ça va ! Les gens autour de moi se mettent à balancer sur le plateau. Jamais je n’oublierai cette image. Ma musique plaît à l’Afrique, et je suis le plus comblé des chanteurs de la terre !!!
Et c’est déjà le soir ! la soirée de clôture. En invité guest-star, il y a Dac Jack, un chanteur très connu au Bénin. Il joue un morceau dans la langue béninoise, qui semble faire chavirer le coeur des filles. J’ai le privilège d’avoir Judith Advignon à mes côtés, plus belle que jamais. je me penche vers elle et lui demande :
"Mais que dit-il exactement ?
-Il dit à sa bien-aimée, que si elle reste, il lui achètera le soleil ! me répond-elle.
-Attends ! je reviens, lui fis-je mystérieusement."
je me glisse par les côtés, monte sur la scène, et au moment où Dac Jack entame son dernier refrain, je reprends en choeur derrière lui en français :
"Je t’achèterai le soleil !"
Et toutes les filles se mettent à hurler ! Dac Jack a un grand sourire ! Encore une rencontre magique !
Et c’est la fin. Comme toujours, c’est moi qui clôture avec ma guitare pour faire monter une dernière fois tous les artistes sur la scène. J’entame ma version de "Je suis venu te dire que je m’en vais" du grand Serge, et tout le monde est ému sur la scène. Le public tape des mains en cadence et n’en finit plus d’appalaudir. Ce moment n’est pas un moment : c’est un privilège !!!
Minuit ! Nous partons danser dans une boîte de Cotonou ! Il y a un super orchestre. Ils sont au moins 8 ou 9 sur la scène. Salsa à l’honneur, et ça groove de tous les côtés. A un moment de la soirée, l’orchestre entame un vieux blues à la BB King. Le chanteur black pointe son doigt vers moi et lance au micro :
"Do you have the groove ?"
Pardon ? Je monte sur la scène, saisit un micro, et me mets hurler dedans tel le Joe Cooker moyen :
"Do you want a fight of voices with me ? (Tu veux un combat de voix avec moi)"
Et c’est parti ! A lui, à moi ! Les filles hurlent dans la boîte ! Les musiciens sont morts de rire et n’en croient pas leurs oreilles ! Le chanteur qui combat est le chef du groupe ! Et le petit blanc est en train de lui péter la gueule ! Mais il n’y a pas de vainqueur en musique ! Il n’y a que l’émotion qui triomphe, et la voix du peuple qui est notre seule maîtresse ! Je sers la main de tous, et je m’enfuis dans la nuit béninoise ! Avec mon pote Jean-Louis, on va au petit bar boire des bières et parler jusqu’à l’aube...
Dimanche, 23h. Je hais les aéroports. Mais ils sont venus me dire au-revoir. Mes amis Amine Laourou, Jean-Louis Lokossou, Etienne le plasticien, Jasmin, prince du Bénin. L’après-midi, nous venions d’êtres reçus par les quatre rois et la reine des cinq provinces du Bénin. La veille, le professeur écrivain Thomas Mahougnon Kapko, un grand homme, nous avait reçu chez lui comme le seigneur qu’il est.
"Nul ne peut connaître l’échec s’il ne tente pas l’aventure !" avais-je soufflé à l’oreille de la reine qui me raccompagnait en s’inquiétant de l’avenir du Salon des poètes. Elle m’a alors sourit en me disant :
"Vous êtes un grand sage, le breton !"
Je hais les aéroports ! Et mon avion s’est envolé ! Je regarde par le hublot, et je m’aperçois que j’ai oublié plein de choses à Cotonou : mon coeur, une partie de mon âme, et ma voix abandonné dans un night-club ! Il faudra bien que je revienne les chercher !
Mille milliards de soubis à tous !
SN

P-S : Plein de photos vont bientôt arriver ! Je vous tiendrai au courant. Ne manquez pas les autres rubriques, et notamment l’artiste du mois dans la rubrique...oups..."L’artiste du mois". Ce mois-ci, mon nouvel ami Québecois : Ian FOURNIER. Dans la rubrique "Liens, "Sites utiles", ne manquez pas de découvrir un nouveau site merveilleux de bijoux sculptés sur du bois ! Et n’oubliez jamais de cliquer sur "Dernière minute, il se passe toujours quelque chose ! Enfin, amis de l’écriture, j’ai le plaisir de vous présenter un formidable outil de communication et d’aide dans tous les domaines de la littérature, Ecritout, dans la rubrique "liens", "sites utiles" !

Février 2010

On a vendu le PAU de l’ours !
Cette semaine avec Mémé, on est descendu dans le Béarn, histoire de voir si la béarnaise se portait bien ! Eh bien, nous pouvons confirmer que la béarnaise se porte à merveille, et que le béarnais est un homme heureux ! On s’attendait à découvrir le secret du PAU aux roses, et on l’a découvert. Eh, j’allais quand-même pas vous faire la ringarde du manque de PAU ! Ca, ça ne marche que pour Calais, et c’est une coluchienne : en effet, Calais dans le Pas de Calais, c’est dur quand t’as fait des bornes pour y arriver ! Eh ouais, de Bruxelles, ça fait une trotte !
A PAU, on a vu plein de gens : des belges qui devaient avoir des origines japonaises vu qu’ils n’ont pas arrêté de nous prendre en photo, (à voir dans la rubrique photos en cliquant sur le lien PAU 2010) ! Encore des belges qui se sont installés dans la région ! Des russes, une creusoise, une irlandaise, quelques basques, une demie-sicilienne égarée dans le Triangle, (mais pas des Bermudes, celui de PAU). Car il y a un Triangle à PAU, et c’est là qu’on a joué chez Eric, qui tient un caf-concert top niveau, où tout est fait pour la musique, le théatre, les comiques, etc... Ca s’appelle le "Showcase", et franchement, je vous recommande l’endroit ! Et en plus, ça coûte pas le PAU des fesses !
Là, c’était le côté PAU de fer, et le lendemain on est parti joué sur le côté PAU de terre, dans un pub irlandais tenu par notre nouveau pote Thierry, et le bar est à peu près aussi grand que les plaines du Connemara ! Il y a des billards partout ! Je les ai pas comptés vu que je suis limité en maths, mais il y en a des boules et des queues qui se traînent sur tous les tapis ! A faire pâlir de jalousie un émir qui croyait que son harem était le plus grand du monde ! Ah ouais, l’endroit s’appelle le "Red lion", et effectivement, les deux lions que nous sommes Mémé et moi, sommes repartis le soir après le concert un peu red !
Le "Red lion", avant d’être devenu le bon pub irlandais d’aujourd’hui, était il y a fort longtemps l’emplacement des écuries du bon roi Henri IV ! Mais pourquoi cet idiot s’est-il levé de son PAU de chambre pour aller se faire trouer le Pau par un certain Ravaillac ?
La Nostalgie, camarade, aurait pu dire Gainsbar !
Bon, par contre, pour le PAU au feu, heureusement que Mémé et moi on avait amené nos allumettes, car je croyais qu’il pleuvait beaucoup en Bretagne, mais à PAU, ils n’ont rien à nous envier ! Et là-bas quand ça pleut, c’est pas les mêmes gouttes que chez nous ! Qu’est-ce qu’elles sont grosses les gouttes à PAU ! Comment on dit déjà ? Ah, oui : il pleut comme vache qui pisse ! Eh ben, vous pouvez me croire, le PAU de vache, il doit vachement picoler pour pisser autant ! Faudrait lui brosser le cuir de temps en temps à la mémère meuh-meuh ! Ben oui, ça lui tannerait le PAU !
Pour info, nos potes anglais pour dire "il pleut comme vache qui pisse", disent :
"It’s raining cats and dogs !"
Ce qui signifie pour les non initiés à la langue british : il pleut des chats et des chiens ! Je m’imagine me ramasser un siamois ou un bouledogue sur la tronche ! Rien que pour ça, je préfère encore le PAU au lait de la bonne vieille vache béarnaise !
Enfin, comme vous voyez, on s’est bien marré à PAU ! On est revenu avec le PAU de chagrin d’avoir quitté si vite nos nouveaux potes béarnais. Mais comme souvent en tournée, Mémé et moi on a toujours des conneries à se raconter dans la voiture, je peux vous dire qu’on avait pas oublier de remettre sur le retour : notre PAU d’ânes !
Mille milliards de soubis à tous !
SN
P-S : le mois, prochain, j’attaque le Bénin ! En attendant, n’oubliez pas d’aller vous promener dans toutes les rubriques : l’artiste du mois, le gag du mois, la phrase du mois, et le fameux proverbe breton du mois ! Et toutes les nouvelles nouvelles dans "dernière minute" ! (Dates concerts, etc...)

Re P-S : le mois prochain, je serai là :

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